Le journal d'une bergÈre
Printemps 2008
"Un berger peut aimer les voyages, mais jamais il n'oublie ses brebis"
Paulo Coelho _ L'Alchimiste
Déjà
plus d'un an que j'ai écris dans le journal d'une bergère. Il faut dire qu'elle
se sentait un peu débordée la bergère! Pas facile la conciliation famille -
maison - ferme! On a souvent l'impression qu'on s'éparpille, qu'on n'est jamais
tout à fait au bon endroit au bon moment et qu'on a plein de projet laissés en
plan... Mais ça va mieux maintenant. Il ne me reste plus qu'à rattraper 1 an de
retard d'ici le début des agnelages! Ouf!...
Mon banc de neige est plus haut que le tiens!
Alors qu'on croyait s'en tirer mieux que Montréal pour une fois, il nous est
tombé plus de 40cm de neige sur la tête juste à temps pour le congé Pascal.
C'est difficile de ne pas être déçu quand on sait qu'on avait tout prévu pour
aller voir nos familles en ville: Pas d'agnelages, une gardienne de ferme... Ce
sera pour une autre fois! De toute façon, nous n'aurons pas trop du week-end
pour essayer de retrouver les fenêtres de la grange!!
Vache Dexter: Le grand saut!
Il
semble bien qu'on fera finalement le grand saut dans l'élevage des Dexter!
Dès que la neige aura fondue (si elle fond un jour!) nous pourrons accueillir
nos trois nouvelles vaches gestantes Dexter et 5 petits bouvillons castrés. Nous
devrions pouvoir offrir cette viande délicieuse et des sujets reproducteurs dès
l'été 2009.
On diminue donc notre troupeau de brebis pour permettre de nourrir nos nouvelles
venues. Nous aurons donc de bonnes brebis à vendre cette automne.
Contactez-nous pour plus de détails.
Beaucoup de deuils en 2007...
2007 aura été une année éprouvante sur le plan émotif. Dans la même année, j'ai perdu deux amies et mentors: Stefania Sveinbjarnardóttir-Dignum et Elizabeth Harker. Ces deux femmes m'ont appris plus que bien des livres mis ensembles. Leur support m'a permis de passer au travers les épreuves qui se présentaient à la nouvelle bergère inexpérimentée que j'étais. Leur départ a laissé un grand vide dans nos vies. Elles me manquent beaucoup et mes pensées vont vers leurs familles et amis.
Le mot de la fin
Quand
je regarde par la fenêtre, Je serais tentée de reprendre le texte de l'hiver
dernier. C'est difficile d'écrire sur la vie qui renaît quand on se réveille
avec de la neige jusqu'au milieu de la porte d'entrée... Mais un beau matin on
entre dans la bergerie et on ne peut que sourire en entendant un son nouveau et
pourtant si familier: un agneau est né. Si petit et déjà plein de vie. Ma belle
brebis qui veille sur lui. C'est une histoire vieille comme le monde, c'est
l'histoire d'une naissance, c'est une histoire d'amour, l'amour d'une maman pour
son bébé.
Toutes ces symboliques religieuses rattachées aux bergers, aux brebis et aux agneaux... Chrétiens, Juifs, Musulmans... Pourquoi une brebis égarée? le sacrifice d'un agneau? Faut-il être berger pour comprendre le sens profond de ces symboliques. Peut-être pas. Mais si on se laisse toucher, si on écoute bien, nos brebis ont des vérités à nous apprendre, une partie de l'histoire du monde à nous transmettre.
Une nouvelle année, une nouvelle saison. Encore une fois je renouvelle mes voeux envers mon troupeau. Car plus la vie avance, plus je réalise que tous les détours que j'ai pris me menait vers cette vie, avec cet homme qui la partage avec moi... pour le meilleur et pour le pire.

